De façon exceptionnelle dans la vie d'un individu, il peut survenir une occasion de stress extrêmement violent. Ce stresseur est semblable à un traumatisme majeur, qu'il soit physique ou psychologique, ou les deux. C'est le cas par exemple lorsqu'un individu est soumis à une circonstance exceptionnelle telle qu'on la trouve lors de ce qu'il est convenu d'appeler une catastrophe. On dit souvent de ces faits qu'ils "dépassent l'entendement", en fait, il dépassent la compréhension humaine. Les réactions physiologiques produites en réponses sont elles aussi exceptionnelles. Elles dépassent la capacité de réponse de la plupart des individus, leur "coping".

Le syndrome de stress post-traumatique peut alors apparaître (PTSD ou Post Traumatic Stress Disorder, en Anglais).

Cet ensemble de réaction avait déjà été décrit après les grandes guerres napoléoniennes ou la Première Guerre Mondiale. Il était primitivement connu sous le nom de "maladie du vent du boulet". Cet ensemble de réactions touchait en effet souvent les camarades survivants et non blessés de soldats moins chanceux qui avaient reçu à côté d'eux le boulet ennemi qui les avait tué. Plus tard, le syndrome de Stress Post Traumatique a été étudié dans les suites de la guerre du Vietnam par les psychiâtres américains. Ils en chiffraient la fréquence à 3,5 %25 des soldats traumatisés mais non blessés physiquement et à 20 %25 des soldats blessés physiquement.

Plus récemment, questionnés par le nombre anormalement élevé de troubles psychologiques incluant de nombreux suicides parmi leurs volontaires après leur retour de mission, les organisations humanitaires se sont penchées sur le problème. La plupart ont mis en place des formations adaptées des responsables sur le terrain des missions, pour essayer de prévenir la survenue de ce syndrome. Après chaque événement traumatique, les participants sont "débriefés" selon une technique adaptée. Dans les catastrophes civiles, on voit maintenant dépêchés des équipes de psychologues dont le rôle est identique. Néanmoins, tous les traumatisés ne bénéficient pas de cette prévention. Quand elle existe, elle est parfois insuffisante. Par ailleurs, les mesures préventives ne sont en général mises en jeu que lorsque le traumatisme psychologique blesse un nombre élevé de personnes. Les traumatismes subis par des individus isolés échappent totalement à la prévention du Syndrome de Stress Post-Tarumatique.

Il est important de signaler que si tous les sujets exposés au même traumatisme ne sont pas psychologiquement blessés de façon identique, on n'a jamais pu trouver de facteurs externes prédisposant certains plus que d'autres à déclencher un PTSD. Toutes les armées du monde, voire les organisations humanitaires seraient désireuses de pouvoir sélectionner les individus les plus résistants! Tout semble être une question d'histoire personnelle de l'individu avec laquelle l'événement traumatisant résonne particulièrement. Mais il serait simplement plus exact d’évoquer une réactivité particulière à chaque individu, ce qui nous confronte une fois de plus à la subtile notion de terrain de santé. Le moindre état de stress préexistant affaiblit l’organisme, qui devrait au contraire disposer de tout son équilibre pour gérer la violence extrême du choc et ne pas se laisser déstabiliser.

En général, le traumatisme est au début occulté par le patient. Il ne s'exprime parfois que des années plus tard. Cet intervalle libre est le plus souvent d'au moins un ou deux mois. L'événement traumatique s'impose alors à la pensée du sujet, comme un souvenir répétitif et envahissant. Quelquefois, c'est un événement mineur qui rappelle le traumatisme, tel que le bruit d'une explosion (feu d'artifice, échappement de moto) pour un traumatisé par un bombardement ou bien un reportage télévisé montrant des faits similaires à ceux vécus, voire les simples images de gens en pleurs et affolés pour un travailleur humanitaire.

Le sujet éprouve alors un sentiment de détresse important. Il ressent un sentiment de reproduction imminente de l'événement qui l'a traumatisé. L'évitement de tout ce qui peut rappeler les circonstances de la blessure psychologique fait partie du syndrome: le sujet va éviter de regarder le journal ou la télévision lors d'évènements qui risquent de déclencher son malaise. Les signes cliniques associent souvent une hyper vigilance conduisant à l'insomnie, une impossibilité de se détendre, une irritabilité, des sursauts à tout stimulus brusque, même anodin comme une sonnerie de téléphone, une baisse de la possibilité de concentration. On a pu expérimentalement trouver les traces des réactions neuro hormonales de stress lorsqu'on soumet les patients souffrant de Syndrome de Stress Post Traumatique à des enregistrements visuels et auditifs rappelant les circonstances dans lesquelles ils ont été traumatisés.

T.E.M. a, par le hasard du recrutement de patientèle chez son inventeur, été utilisé dans le Syndrome de Stress Post Traumatique. Par la suite, ce patient, lui-même médecin humanitaire durant 19 ans dont 14 vécus en zone de conflit armé, a utilisé T.E.M. lors d'une mission où il était médecin chef de la mission de l'O.N.U. pour la Bosnie Herzégovine à Sarajevo. Plus de 60 patients ont ainsi été traités avec cette méthode au dispensaire principal de Sarajevo durant sa mission. Par la suite, l'utilisation de TEM a été étendue à tous les dispensaires de l'ONU dans le pays.

Classiquement, il est dit qu'on ne guérit pas du PTSD. Les patients apprennent à vivre avec leur traumatisme, de même qu'un blessé physique apprend à vivre avec ses cicatrices ou ses gènes fonctionnelles. Le but de toute thérapeutique est de rendre la blessure et ses inconvénients gérables par le patient (améliorer le "coping").

En utilisant TEM, et en moyenne dès la 5ème à 7ème séance dans la plupart des cas, le patient retrouve le sommeil, son équilibre, le rire et la joie de vivre. Le patient décrit alors spontanément un état nouveau que l'on rattache aisément à une certaine sérénité. Souvent, il prend alors conscience de son traumatisme. Son nouvel état lui permet de comprendre l'origine de ses troubles et de devenir conscient de ses réactions. Par la suite, il parvient à maîtriser son PTSD. Lors de phases de réactivations, et de plus en plus tôt dans la dégradation de son état psychique et de sa sérénité retrouvée, il saura redemander à TEM de lui rendre un équilibre qu'il considère alors comme son état normal.

Par la suite, des séances de TEM espacées de plusieurs mois lui permettront une vie normale. Il est difficile de parler de guérison dans un tel syndrome. En effet, les signes cliniques du PTSD et ceux du stress "habituel" sont très superposables quoique plus aigüs. Dès lors, il n'est pas possible de distinguer entre une réactivation du PTSD prise à son début et un état de stress réactionnel à la vie devenue habituelle pour la majorité des individus vivant dans notre culture occidentale. En tout état de cause, pour les patients qui retrouvent le goût de vivre grâce à TEM, le changement est tel qu'ils ont tendance à parler de guérison, et ce, malgré les réticences des spécialistes à prononcer un diagnostic aussi définitif.